En 1841, la commune atteint son apogée avec 827 habitants. Depuis cette date, la population ne cesse de diminuer progressivement, même si elle augmente à de nombreuses reprises, en particulier en 1891 et 1946. Néanmoins, cette tendance à la baisse se poursuit jusqu’en 1999, la commune compte alors 418 habitants. Chutes spectaculaires de 1851 (– 63 habitants), de 1896 (– 105 habitants), de 1906 (– 62 habitants). En 1999, la population est composée de 210 femmes et 208 hommes. Le recencement de 2005 replace Thiré au-delà de 500 habitants, gain spectaculaire pour la première fois depuis 1968.
Laurent Gautier – Bulletin municipal n° 10
L’histoire de ce bâtiment communal remonte au milieu du XIXe
siècle. En janvier 1853, Paul Bailly (maire de la commune de Thiré) procède
à l’adjudication des travaux de construction d’une école primaire de
garçons. Au cours de la même année, un conflit oppose le conseil municipal
et le sieur Claudot, l’entrepreneur. Ce dernier se plaint auprès du préfet
des prix portés au devis (jugés trop faibles) et delmande sa révision par
un architecte.
En 1892, la municipalité propose de convertir cette école servant de mairie en groupe scolaire. Les filles occupaient une maison louée à un particulier. Ce projet est très vivement approuvé par l’administration de 1893. Le projet comprend l’établissement de deux préaux couverts. La mairie occupant alors une salle au premier étage s’installe dans une salle disponible au rez-de-chaussée.
En 2003, la mairie est rénovée et inaugurée en décembre.
Laurent Gautier – Bulletin municipal n° 9
En novembre 1861, Isidore Bailly, maire de Thiré, et son conseil
envisageaient la construction d’une fontaine publique avec pompe et
réparation du lavoir communal. Les édiles constataient l’urgence des travaux
vu l’état déplorable des anciennes structures. Dans un souci d’humanité et
de salubrité, l’on s’engageait à des travaux prévus au budget de l’année
1863. Par ailleurs, l’assemblée approuve l’idée de faire payer les habitants
de St-Étienne-de-Brillouet, qui chaque année viennent laver leur linge. Les
travaux sont estimés à 1 536 francs. Le conseil décide lors
d’emprunter, tout en augmentant l’imposition et en sollicitant une subvention
au ministre de l’Intérieur.
La construction est confiée à Auguste Garnereau de Fontenay-le-Comte. Ce dernier prévoit dans son devis descriptif de 1862 de « creuser un puits de deux mètres de profondeur sur soixante centimètres de diamètre, de manière à faciliter l’écoulement des sources. La pierre de taille proviendra des carrières de la Charente. Deux dauphins d’applique en fonte seront posés dans les niches du monument. Une pompe aspirante munie de sa brimbale et de deux tuyaux en cuivre sera placée dans l’intérieur du monument, de manière à remplir d’eau les bassins adjacents. »
En 1864, les réparations sont faites et une taxe doit être acquittée pour tous les étrangers (non-thiréens) qui y viennent.
Laurent Gautier – Bulletin municipal n° 7
La ferme de l’hôpital, la rue de l’hôpital : autant de références mystérieuses qui pourraient faire croire que Thiré a jadis possédé un établissement hospitalier. En recourant aux photographies anciennes, on découvre en bordure de la ferme de M. Bernard Gillier, justement appelée « l’Hôpital », les ruines d’une chapelle dont les derniers vestiges auraient servi à empierrer les chemins après la dernière guerre. Voilà qui semble bien mystérieux. Tentons de soulever un coin du voile.
Le grand Gauthier, un descriptif des paroisses du diocèse de Luçon daté
du début du XIVe siècle, attribue à Thiré, outre une église, ce
qu’il appelle grangia cum oratoria templi ; autrement dit, une
exploitation agricole dotée d’un lieu de culte appartenant aux Templiers. Un
descriptif analogue, dit cette fois « Livre Rouge » et daté du
XVIIIe siècle, utilise des termes semblables : in
parachia, grangia templa, cum oratorio. Ce qu’une visite de l’évêque de
Luçon, Mgr de Mercy, le 28 mars 1778, évoque en ces termes :
« une autre ferme dépendant de la commanderie de Champgillon
appartenant au grand prieuré d’Aquitaine, connue sous le nom de l’Hôpital,
revenu 10 000 livres, où il y avait une chapelle qui subsiste
encore, mais l’on n’y dit plus la messe, attendu qu’elle est en mauvais état
et ne sert plus qu’à des usages profanes ».
L’hôpital est donc une ferme qui dépend alors de la commanderie de Champgillon, actuellement propriété de M. Bruno Chambelland. L’ordre du Temple, fondé à Jérusalem en 1118 par les Croisés, dans le but de veiller à la sécurité des pèlerins tenait son nom de son installation près des ruines du temple de Salomon. Le temps était à l’enthousiasme de libérer, par les croisades, les lieux saints tombés sous la domination musulmane et les fidèles donnaient généreusement des biens et de l’argent aux ordres religieux à vocation militaire. Ainsi, la commanderie de Champgillon était-elle un vaste domaine rural qui possédait non seulement le château mais aussi la métairie adjacente, le four banal et la greffe de Champgillon, mais aussi d’autres métairies à Thiré, et d’autres bourgs.
La richesse des Templiers n’en tarda pas à porter ombrage au pouvoir royal, et, en 1307, ceux-ci furent arrêtés et brûlés. Leurs biens furent rattachés par le pape à ceux de l’ordre de l’hôpital de Saint-Jean, fondé à Jérusalem en 1099, dans le but de soigner les pèlerins. La dépendance à Thiré prit ainsi le nom de métairie de l’Hospital. Bientôt chassés de Palestine, ils entrèrent en décadence et la chapelle de Thiré se mit à servir de remise...
Alain Gérard – Bulletin municipal n° 7
Construite sur l’emplacement d’un ancien lieu de culte païen, l’église de
Thiré fut à l’origine un édifice rectangulaire très simple. À la fin du Moyen-Âge,
l’on rajoute une travée à la nef, ainsi qu’une chapelle au sud. Des céréales
et des fruits appartenant à l’Église étaient stockés dans un grenier que
l’on peut rejoindre par un escalier à vis.
À l’intérieur, le retable (récemment restauré) en calcaire polychrome abrite trois statues de la Vierge, de Saint-Pierre et de Saint-Paul. L’autel (marbre blanc, rouge, noir et ocre) est orné d’un médaillon central représentant l’holocauste de l’agneau mystique. Le tabernacle est en bois doré.
Implanté à flanc de colline au bord de la Smagne, ce dolmen de type angevin est fouillé au cours des années 60. Les pierres ont été extraites d’une carrière de Saint-Laurent-de-la-Salle et il fut édifié au IVe millénaire avant Jésus-Christ. Une quarantaine de personnes sont dénombrées dans la chambre funéraire, et le mobilier ainsi que les objets retrouvés — boutons en os, alènes, plaques perdorées en or ; l’ensemble appartenant au Campaniforme — laissent penser que ce monument a fait l’objet de nombreuses utilisations durant deux mille ans.

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